vendredi 3 janvier 2020

Le jean

lundi 9 décembre 2019

Le Dompairois qui imagina et dessina les plans de Manhattan

Depuis des décennies, les descendants de Joseph François Mangin, né à Dompaire, se font un point d’honneur à réhabiliter le parcours de leur ancêtre dont le nom est intimement associé au plan de Manhattan, mais aussi à la construction de bâtiments incontournables de New York tels que le City Hall (N.D.L.R : l’hôtel de ville) et l’ancienne cathédrale Saint-Patrick. Un devoir de mémoire repris et entretenu aujourd’hui par l’un d’entre eux : Thibaud Leroy. Dans un livre intitulé « L’homme qui imagina Manhattan », coécrit avec le biographe Edmond Varenne et richement documenté, il livre un récit haletant sur la trajectoire de celui à qui il aura fallu près de deux siècles pour que les autorités américaines finissent par reconnaître sa contribution à l’essor de New York. À le lire, des manœuvres torves ont failli « assassiner sa mémoire ». Sans « des recherches efficaces et pertinentes de plusieurs historiens de la ville » au XXe  siècle, la part prise par Mangin « dans la construction de plusieurs monuments et surtout l’influence qu’il a pu avoir sur le plan d’extension de la ville sur l’île de Manhattan », n’aurait pu être reconnue. En 2003, le maire de New York, Michael Bloomberg, finira par inaugurer une plaque devant le City Hall qui rend enfin à Joseph François Mangin sa paternité sur cet édifice.

De « bonne et noble roture »

Mangin était le fils d’un chirurgien de Dompaire, dévoré par l’obsession de se constituer un patrimoine immobilier. Un père parti trop tôt, à l’âge de 48 ans. Pour le jeune garçon de 14 ans, cette disparition n’est pas sans conséquence. Sa scolarité, il la poursuivra à Nancy. Collège, baccalauréat, il enchaîne par des études de droit avant de se lancer « sans trop de conviction dans un office d’avocat au parlement de Nancy ». Le jeune homme issu de « bonne et noble roture » comme il se plaira à se qualifier plus tard, se rapproche d’une belle et jolie fille délurée à qui il fera un enfant. Peut-être pour rompre, il s’installera à Baccarat et puis, à la suite de discussions solaires, lui vint l’appel du large. Un espoir irrépressible de partir faire fortune à Saint-Domingue où il accoste le 7 décembre 1784. Rejoint par son frère Charles Nicolas, pendant 10 ans, les Mangin multiplieront les métiers : gestionnaires de plantation, arpenteurs, soldats mais principalement bâtisseurs. Une vie faite de péripéties qui les conduira à New York. Le plus jeune finira par revenir en France, le plus vieux terminera dans le dénuement le plus total et on perdra sa trace à partir de 1818.
Aujourd’hui, grâce à Thibaud Leroy, à sa grand-mère aussi, Marie-Thérèse Laurent, qui a exhumé les correspondances des deux frères, les Mangin s’apprêtent à nouveau à être honorés. « Nous sommes en discussion avec le maire de Dompaire pour apposer sur l’actuelle poste, un magnifique bâtiment de la famille Mangin, une plaque leur rendant hommage », indique Thibaud Leroy.

jeudi 10 octobre 2019

Histoire — 10 octobre 1818, destruction du Champ-d’Asile, État français fondé sur le sol américain

Après la seconde chute de Napoléon, quelques soldats français, que la proscription ou le désespoir chassaient de leur patrie, allèrent se réfugier en Amérique. Un acte du congrès législatif des États-Unis leur accorda quatre-vingt-douze mille acres dans le territoire d’Alabama, sur le Mohilé et le Tombeck-Bee, à raison de deux francs l’acre, payables en quatorze ans, sans intérêt, pour y former une colonie. Chaque soldat devait y recevoir une part de terre correspondante à son grade : mais en touchant le sol étranger, la plupart des exilés s’étaient trouvés dans la position la plus difficile, et dans un dénuement absolu.

Un séjour de quelques mois à New York, à Philadelphie, à Boston, les avait constitués débiteurs envers leurs hôtes. Des spéculateurs américains profitèrent de la circonstance et offrirent aux Français de leur acheter, à vil prix, les terres à eux concédées : ceux-ci, n’ayant pas la liberté du choix, acceptèrent, et cédèrent tous leurs droits.

François-Antoine Lallemand, l’un des deux bonapartistes
fondateurs de la colonie française

Il en résulta que la colonie naissante se composa, pour les sept huitièmes, d’Américains, tandis que, dans le plan primitif, on ne devait y admettre que des Français. Quelques-uns de ceux qui avaient vendu leurs terres se rendirent à Galveston, où le général Humbert s’était établi ; d’autres, au nombre de cent cinquante à trois cents, allèrent, sous la direction des généraux Lallemand (François-Antoine et son frère Henri), fonder une colonie purement française, à dix ou douze lieues ouest de Galveston, entre les rivières de la Norte et de la Trinité, dans un territoire abandonné de la province du Texas, et dont la possession était incertaine entre les Espagnols, les Indiens et les Américains.

Le produit de la vente des terres de l’Alabama et quelques avances faites par les chefs de l’entreprise firent les frais de l’expédition et de l’établissement. Arrivés sur ce territoire, qu’ils appelèrent du nom de Champ-d’Asile, les exilés se donnèrent un gouvernement militaire, se distribuèrent en cohortes, dont chacune avait son chef, et dans lesquelles on ne pouvait admettre que des Français, ou des hommes qui eussent servi dans l’armée française. Dans le partage des terres, chaque officier eut vingt arpents, avec tous les instruments nécessaires au défrichement.

Champ-d’Asile : travaux des colons pour l’établissement de leur ville. Estampe de Charles-Abraham Chasselat (1782-1843) gravée par Joseph-Claude Pomel

Peu de jours après leur établissement, ils publièrent un manifeste, où, se déclarant état indépendant, ils annonçaient qu’ils respecteraient les nations voisines, mais qu’ils étaient disposés à se défendre au péril de leur vie contre toute agression injuste. Ce manifeste grossit encore le nombre des réfugiés. La fertilité du sol, la douceur du climat, et le voisinage d’une rivière favorisaient l’essor et la durée de leur colonie : mais ils n’avaient point de femmes pour adoucir les ennuis de l’exil ; ils étaient peu habitués aux rudes travaux du défrichement. Une centaine d’esclaves qu’ils avaient achetés désertèrent chez les sauvages : le découragement se répandit parmi les colons. D’ailleurs, leur arrivée avait excité, surtout chez les Espagnols du voisinage, des inquiétudes que leur manifeste n’était pas propre à dissiper. Le bruit se répandit que les réfugiés du Texas entretenaient des correspondances avec les mécontents du Mexique.

Le vice-roi de ce pays, Apodaca, résolut de détruire cet établissement, ainsi que celui de Galveston. Six ou sept cents Espagnols, conduits par le général Castenada, se présentèrent devant Galveston, qui fut évacué. Les colons du Texas, encore mal établis, divisés, découragés, assaillis par les Indiens, abandonnèrent le Champ-d’Asile, qui n’eut ainsi qu’une existence de quelques mois. Plusieurs Français retournèrent dans l’Alabama, où ils s’établirent et fondèrent une ville.

http://www.xn--pourunecolelibre-hqb.com/2019/10/histoire-10-octobre-1818-destruction-du.html

mercredi 8 mai 2019

Hollywood a réécrit l'histoire

"5,5 millions de soldats allemands sont morts entre 1939 et 1945, dont 4 millions face à l'armée soviétique. Il y a eu 9 millions de soldats soviétiques tués contre 400 000 soldats américains", rappelle l'historien Dominique Lormier, invité du Soir 3 mardi 7 mai.
(...)
Sur l'épisode du Débarquement, les Américains ont eu tendance à tirer la couverture à eux. "Hollywood a passé sous silence le rôle des autres alliés. Le débarquement en Normandie était composé à 60% de troupes canadiennes, britanniques et des forces françaises libres. Le débarquement de Provence est composé à 60% de troupes françaises", assure Dominique Lormier.
"La force de frappe du cinéma américain a fait croire à 80% des Européens que les États-Unis étaient les uniques sauveurs contre l'Allemagne hitlérienne", conclut-il.

samedi 11 novembre 2017

Walt Disney - D'Isigny


Le nom Disney vient du titre de «seigneurs d'Isigny» attribué en 1066 par Guillaume Le Conquérant à Robert et Hugues Suhard, pour les remercier de l'avoir aidé à conquérir l'Angleterre cette année-là, a précisé Sébastien Durand. Au siècle suivant, «d'Isigny» devient définitivement "Disney" en Angleterre, selon lui. «Walt Disney connaît ses origines jusqu'en Irlande au XIXe siècle», a-t-il ajouté. Très attaché à la France, sa principale source d'inspiration devant l'Angleterre, Walt Disney connaissait l'origine de son nom car il fit faire des recherches sur le sujet dans les années 1950. «On retrouve les deux lions du blason normand sur le premier parc d'attraction ouvert près de Los Angeles», a soulignéle spécialiste de Walt Disney. Si Walt Disney n'est jamais venu à Isigny, il connaissait la Normandie puisqu'en 1918, à l'âge de 17 ans, il débarqua à Cherbourg pour s'engager comme ambulancier dans l'armée à la fin de la Première Guerre mondiale. Et le château de la Belle au bois dormant de Disneyland Paris s'inspire de la silhouette du Mont-Saint-Michel. Un retour aux sources en quelque sorte.

mardi 19 septembre 2017

Pour la fête nationale américaine, Trump veut un défilé militaire sur le modèle du 14-Juillet

Particulièrement enchanté par le défilé militaire du 14-Juillet, le président des Etats-Unis a confirmé son intention de tenir une parade similaire lors de la fête nationale américaine.

jeudi 13 juillet 2017

Mais pourquoi les Etats-Unis sont-ils rentrés en guerre en 1917 ?

Donald Trump arrive jeudi 13 juillet en France pour célébrer, à l'occasion du 14-Juillet, le centième anniversaire de l'entrée en guerre des Etats-Unis aux côtés des Alliés. C'est l'occasion de revenir sur les causes de cette entrée en guerre, des causes qui ne seront pas forcément évoquées lors de ce sommet franco-américain.
La version officielle est donnée par le président américain de l'époque, Woodrow Wilson. Elu en 1912, il est réélu en 1916 sur la promesse de ne pas engager son pays dans la guerre. Le 2 avril 1917, il demandait cependant au Congrès de déclarer la guerre à l'Allemagne avec ces mots : "La guerre actuelle de l’Allemagne est une guerre contre l’humanité. La neutralité n'est plus ni possible, ni désirable quand il y va de la paix du monde et de la liberté des peuples. La démocratie doit être en sûreté dans le monde." Une lutte pour la liberté, la paix et la démocratie, voilà une noble cause que l'on devrait exalter entre Macron et Trump.

Une guerre pour se venger

Derrière les beaux discours, il y a pourtant des raisons plus ou moins avouables. Dans les manuels d'histoire, on nous parle souvent de la guerre sous-marine à outrance des U-Boots allemands qui coulèrent notamment, en mai 1915, le Lusitania, un paquebot britannique dont le naufrage coûta la vie à 128 passagers civils américains. Le Lusitania transportait secrètement des armes et des munitions à destination du Royaume-Uni. Moins connu, il y a le télégramme Zimmermann, envoyé par le ministre des Affaires étrangères allemand à son ambassadeur au Mexique, lui donnant l'ordre de négocier une alliance avec le Mexique contre les Etats-Unis dans le cas de son entrée en guerre. En échange, l'Allemagne appuierait certaines des revendications territoriales de son allié.

La guerre est aussi un business

Et puis, encore moins connue, sûrement : la pression des milieux d'affaires. Le 25 mars 1917, soit une semaine seulement avant le discours de Wilson devant le Congrès, un grand banquier de New York se confie, sous couvert d'anonymat, au journaliste Camille Ferri-Pisani,, dans Les Annales politiques et littéraires, un hebdomadaire très populaire alors. Ses propos sont fascinants : "De l’histoire, je ne retiens que la statistique. La Grande Guerre a quintuplé le chiffre de nos affaires et décuplé nos bénéfices. Tout ce trafic magnifique, nous l’avons opéré avec les Alliés. [...] Vous nous avez payé partie en or mais vous nous avez payé aussi avec du papier. Or, vos traites ne vaudront que ce que vaudra votre victoire : il faut que vous soyez victorieux à tout prix pour faire face à vos engagements. [...] Il vous faudra reconstruire tout ce qui a été détruit. Cet argent que nous avons gagné sur vous, nous vous le prêterons pour relever vos villes, pour rebâtir vos fabriques, pour créer à nouveau votre existence économique. Un beau champ s’offre là pour nos placements futurs. Mais ce champ ne sera profitable que si vous triomphez avant l’épuisement complet. Voilà pourquoi nous souhaitons votre victoire."
Quelque chose nous dit qu’on ne parlera pas de cela lors de la visite de Trump en France.
http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/histoires-d-info/histoires-d-info-mais-pourquoi-les-etats-unis-sont-ils-rentres-en-guerre-en-1917_2255901.html