dimanche 1 mars 2015

LA DÉBÂCLE DE JUIN 1940 EXPLIQUÉE PAR LA NSA...

De son côté, le Colonel Randewig, responsable de toute l'organisation de l'interception des communications à l'Ouest pendant la guerre-éclairaccouché par les hommes du TICOM à la fin de la guerre, tient les propos suivants dans le rapport FMS P-038 consacré au Renseignement Radio des allemands : « Dès décembre 1939, les allemands ont réussi à casser un système cryptographique utilisé par le Commandement français dans ses messages aux districts militaires. Il avait été maintenu en dépit des dispositions prises  avant l'ouverture des hostilités en septembre 1939. Les allemands sont parvenus à casser ce code parce que la station-radio coupable de ce manquement aux ordres donnés a été réprimandée et a ensuite envoyé les mêmes messages au moyen du système approprié.. » ou

(...)

Il a en effet affirmé à plusieurs reprises (« Einzeldarstellung aus dem Gebiet der Kriptologie » page 14 à 16) et fourni des preuves tangibles que le code utilisé pour chiffrer les messages entre le Ministère de la Guerre et les districts militaires était un système à 4 chiffres de 10 000 valeurs, chiffrées par courtes séquences additives. S'agissant d'une méthode de chiffrement présentant une sécurité limitée,  conservée pendant de nombreuses années malgré l'avis de plusieurs experts, les messages de caractère stratégique émanant du Ministère n'avaient plus de secrets pour les allemands lors du lancement de la campagne de France. (« en septembre 1939 lorsque la Deuxième Guerre mondiale a éclaté, au lieu de changer de procédure de chiffrement, le Ministère de la Guerre a ordonné que ce système de transposition soit étendu à l'ensemble des districts militaires. Dans la mesure où le système à 4 chiffres est resté en vigueur, les allemands ont pu déchiffrer ce trafic jusqu'en juin 1940 date à laquelle le Haut Commandement allemand avait eu connaissance de toutes les opérations militaires importantes menées par les forces françaises... ») 

https://www.bakchich.info/france/2015/02/24/la-debacle-de-juin-1940-expliquee-par-la-nsa-63915

samedi 21 février 2015

Compte bancaire fermé pour « américanité »


Marc est informaticien dans une société d'assurances. En juillet 2014, sa banque, ING, a mis fin au mandat de courtage de l'assurance-vie dont ils dispose chez Generali. Il ne peut plus ni retirer des fonds, ni en rajouter, ni même obtenir de relevés. Pourquoi? Parce qu'il présente des "critères d'américanité".  
En l'occurrence, il est né aux Etats-Unis. "Je les ai quittés en 1966, à l'âge de neuf ans, pour venir vivre en France", dit-il. Lorsqu'il y est retourné, en vacances ou pour son travail, il a utilisé un passeport français.
Pourtant, sa banque vient de lui rappeler qu'il dispose de la double nationalité, et qu'il doit être en règle avec le fisc américain.

En effet, si la plupart des binationaux bénéficient de conventions fiscales prévoyant qu'ils sont imposés sur leur lieu de résidence, et leur permettant d'éviter la double imposition, ce n'est pas le cas des expatriés américains : quel que soit l'endroit du monde où ils vivent, ils doivent déclarer chaque année leurs revenus  à l'Internal revenue service (IRS, fisc américain),  si ces revenus sont supérieurs à un certain seuil (97 600 dollars en 2013 ou 10 000 dollars au moins un jour dans l'année). L'impôt qu'ils doivent est égal à la différence entre celui qu'ils devraient payer s'ils avaient perçu ces revenus aux États-Unis et celui qu'ils ont acquitté ailleurs.
Or, on constate que tous ne le font pas.  "J'ai peut-être atteint à titre exceptionnel le seuil des 97 600 euros, l'année où j'ai reçu une prime de licenciement", nous indique Marc. "Mais, compte tenu de mon ignorance en matière de fiscalité américaine, j'aurais dû avoir recours à un avocat, pour le vérifier : fallait-il compter les salaires bruts ou nets? Quel taux de change appliquer, etc?"
Pour remédier à cette situation, les Etats-Unis ont adopté,  en 2010,  le règlement Fatca (Foreign account tax compliance act). En France, il est entré en vigueur le 1er juillet 2014. Il oblige les banques à dénoncer les clients présentant des" indices d'américanité", et donc susceptibles d'être des "US persons", disposant d'un total d'avoirs supérieur à 50 000 dollars (44 468 euros).

Les banques doivent fournir à l'Internal Revenue Service des informations détaillées sur leurs comptes. Elles doivent communiquer soldes bancaires, intérêts et dividendes, produits d'assurance-vie et plus values. Faute de quoi elles se verront appliquer une taxe de 30% sur  les flux financiers versés depuis les États-Unis.
Pour le fisc américain, les principaux indices d'américanité sont la nationalité (titulaires de passeports américains ou de cartes vertes), le lieu de naissance, la résidence (adresse ou boîte postale aux Etats-Unis), le fait d'avoir un numéro de téléphone américain, d'avoir passé des ordres de virement permanents en faveur de personnes physiques ou morales aux Etats-Unis, ou d'avoir établi des procurations établies au profit d'un mandataire américain ou résident aux Etats-Unis. Ou encore d'avoir résidé aux Etats-Unis pendant 31 jours pendant l'année en cours, plus  183 jours au cours des trois dernières années.
ING a envoyé à Marc, soupçonné d'être une "US person", une lettre lui demandant de remplir des formulaires administratifs américains, afin de prouver soit qu'il est en règle avec le fisc américain, soit qu'il a officiellement renoncé à la nationalité américaine.

"Or, on ne peut obtenir le certificat d'abandon de la nationalité que si l'on a au préalable prouvé la régularité de sa situation fiscale, ce qui requiert, souvent, le recours à un avocat fiscaliste, aux honoraires coûteux - quand bien même on ne doit rien", se plaint-il.

ING indique que, faute de réponse dans les trente jours, elle le considèrera comme une "US person", et transmettra ses coordonnées aux autorités fiscales françaises, qui les enverront au fisc américain.
Marc a utilisé une clause (Annexe I, section II §B 4 (a) 3 (a), page 28) de l'accord Fatca qui propose à la banque de recueillir, en remplacement du  certificat de perte de nationalité, "le motif pour lequel  le titulaire du compte ne dispose pas d’un tel certificat alors qu’il a renoncé à la citoyenneté américaine".
Il  a répondu qu'il a "implicitement renoncé à sa nationalité américaine", du fait qu'il a été instituteur pendant trois ans : or, travailler pour un Etat autre que ceux d'Amérique, n'est pas autorisé. Son frère, qui a rencontré le même problème, a fait valoir qu'il avait été élu local.
Marc n'a pas encore reçu de réponse.

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Qu'arrivera-t-il à ceux qui auraient dû faire une déclaration au fisc et qui seront dénoncés dans le cadre de Fatca ?
"Ils devront payer des pénalités, même s'ils n'auraient pas, nécessairement, dû acquitter d'impôts", répond Patrick Bourbon, conseiller consulaire (sorte d'élu local de l'étranger) du Midwest, en précisant que la régularisation s'opère sur "huit ans". Dans ce cas, "ces pénalités représenteront 27,5% du solde de leur compte bancaire, l'année où il était le plus élevé".
M. Bourbon donne de nombreuses conseils fiscaux aux Français vivant aux Etats-Unis qui le  suivent sur le réseau Linkedin.
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L'accord Fatca pourrait concerner les quelque cent mille Américains qui résident en France. Certains se plaignent déjà de ne pas pouvoir ouvrir de comptes, comme le montre ce témoignage :
Comme ING, les banques leur expliquent que la " mise en place des procédures [prévues par Fatca]  implique un coût disproportionné tant pour la banque que pour ses clients".
Axabanque a ainsi fermé les comptes de quelque 250 clients (sur un total de 730 000) détenant plus de 50 000 dollars d'avoirs.
Conséquence : selon The Economist du 28 juillet 2014, quelque trois mille Américains vivant à l'étranger ( sur un total de sept millions) ont renoncé à la citoyenneté américaine ou à leur carte verte, en 2013,  contre une centaine par an, avant l'adoption de Fatca. Et, comme par hasard, le coût de cette renonciation, qui était de quelque 500 dollars en 2013, vient de grimper à 2350 dollars (1998 euros).

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Le règlement Fatca concerne aussi les Français établis aux Etats-Unis, si l'on en croit le sénateur Louis Duvernois (UMP, Français établis hors de France) : "Depuis l'application de l'accord Fatca, certains établissements français n'acceptent plus de clients français résidant aux Etats-Unis, ce qui complique sérieusement le quotidien de nos compatriotes", indique-t-il, dans une question écrite au ministère des finances, le 29 janvier.
C'est le cas,  par exemple de M. Bourbon, installé à Chicago depuis 1999: "Cortal a fermé mon compte", dit-il. Il a réussi à le transférer chez Boursorama.
Lors de la discussion à l'Assemblée nationale du projet de loi autorisant l'approbation de l'accord Fatca, le 18 septembre 2014, Frédéric Lefebvre, député (UMP) de la première circonscription des Français établis hors de France, avait déjà évoqué les problèmes subis par les Français expatriés :
"Nombre de nos concitoyens résidant aux États-Unis mais conservant des avoirs en France sont donc priés de retirer leurs actifs, et ce sans possibilité de recours. Certains se trouvent tout simplement dans l’impossibilité d’ouvrir un compte en banque en France – je pense notamment à certains Français naturalisés américains qui décident de revenir en France pour y prendre leur retraite. De même, un Français établi aux États-Unis mais ayant conservé un patrimoine mobilier en France peut se trouver dans l’obligation de le liquider en dépit de toute planification fiscale légitimement effectuée en amont."
Et de citer un compatriote de Floride : " Une filiale de Natixis du groupe Banque Populaires-Caisses d’épargne vient de m’informer de la fermeture de mes deux comptes, titres et chèques, dans les trente jours, en raison du refus de cette banque de se soumettre aux exigences de contrôle des autorités américaines. (...) Je trouve cavalière cette pure et simple expulsion de clients sans que leur soit fourni le moindre modus operandi pour en limiter les conséquences fâcheuses, en particulier pour les comptes de titres. Faudra-t-il vendre les portefeuilles ou pourra-t-on les transférer dans des établissements étrangers ? Payer au fisc français, suite à cette vente forcée, des taxes sur des placements de long terme ? Que deviennent les cartes de crédit et les autorisations de prélèvement liées à ces comptes ? »
Pour M. Lefebvre, "ce sont des dizaines de milliers de Français qui sont menacés de voir couper le lien avec leur patrie", en raison de la fermeture de leur compte bancaire.  Or "ces comptes bancaires servent à payer la prestation de l'Ehpad pour un ascendant résidant en France, à honorer la pensions alimentaire de l'ex-épouse demeurée en France, à payer la taxe foncière,  la CSG-RDS de l'appartement loué en France à un étudiant", rappelait-il.
Il ajoutait qu'il "regrettait la précipitation mise par le gouvernement français à ratifier cet accord" car "accepter Fatca en l'état, c'est accepter le système américain d'imposition fondé sur la nationalité et non sur la résidence".
M. Duvernois, à son tour,  demande au ministère des finances de "préciser de quels moyens dispose la puissance publique française pour empêcher ces fermetures de comptes bancaires sur le territoire, effectuées de manière unilatérale".
Il se demande aussi si le Défenseur des droits pourrait être saisi du sujet. Un citoyen néerlando-américain a ainsi gagné un procès, en avril 2014, en invoquant les lois anti-discrimination, contre une banque néerlandaise qui lui avait fermé son compte.


vendredi 9 janvier 2015

Charlie Hebdo : "Vive la France !", écrit Obama

"Au nom de tous les Américains, je fais part aux Français de notre solidarité après cette terrible attaque terroriste à Paris", a-t-il écrit. "En tant qu'alliés à travers les siècles, nous sommes unis avec nos frères français pour nous assurer que justice soit faite", a-t-il ajouté. "Nous avançons ensemble, convaincus que la terreur ne vaincra pas la liberté et les idéaux qui sont les nôtres, les idéaux qui illuminent le monde. Vive la France!".




mardi 16 décembre 2014

Un soldat américain condamné pour avoir rejoint la Légion étrangère

Un jeune officier américain, l'un des meilleurs de sa promotion à la prestigieuse école militaire de West Point aux Etats-Unis, a été condamné par un tribunal militaire pour désertion après qu'il eut rejoint la Légion étrangère. Lawrence J. Franks Jr. avait abandonné son unité en 2009, rapporte mardi 16 décembre le New York Times. Désormais âgé de 28 ans, il a expliqué devant la cour qu'il avait des pulsions suicidaires depuis plusieurs années et que les conditions de vie difficiles de la Légion étrangère lui avaient offert un exutoire pour sortir de sa dépression.

UN EXUTOIRE POUR SORTIR DE SA DÉPRESSION

« J'avais besoin d'être mouillé et d'avoir froid et faim, a-t-il expliqué au journal, avant sa condamnation. J'avais besoin de la vie éreintante que j'ai seulement pu trouver dans la Légion. » Le sous-lieutenant avait été porté manquant de son unité médicale de Fort Drum, dans l'Etat de New York, dans le nord-est des Etats-Unis. Sans jamais en informer sa famille, il avait pris un vol pour Paris et s'était engagé pour cinq ans dans la Légion étrangère. Ce corps d'élite de l'armée française, créé en 1831, permet aux recrues de changer d'identité et de construire une nouvelle vie. Devenu le légionnaire Christopher Flaherty, l'Américain commence en bas de l'échelle et connaît une ascension rapide jalonnée de décorations. Il a effectué des missions en République centrafricaine et à Djibouti, a été chargé de la sécurité du général de brigade Laurent Kolodziej, commandant de l'armée française au Mali lors de l'intervention en 2013 contre les rebelles islamistes, selon le NYT.

« C'est un homme que je n'oublierai jamais et aux côtés duquel je resterai toujours, a déclaré M. Kolodziej en témoignant par visioconférence devant la cour martiale. Il est plus qu'un soldat-né, il est un gentleman-né. J'aimerais avoir dix hommes comme lui dans mon équipe et je serais le plus heureux des généraux. »

FAIRE FACE À SES RESPONSABILITÉS

A la fin de son contrat de cinq ans, en mars 2014, Lawrence Franks a quitté la Légion et s'est constitué prisonnier sur une base de l'armée américaine en Allemagne pour retrouver sa famille et faire face à ses responsabilités, a raconté le journal. Les procureurs militaires l'ont accusé d'avoir manqué à son devoir et d'avoir causé des problèmes à son unité, affirmant que le jeune soldat avait déserté pour éviter son déploiement en Afghanistan un an plus tard. Mais celui-ci a affirmé qu'il ne pouvait pas attendre aussi longtemps. « Je me sens très mal pour la douleur infligée à ma famille, pour les perturbations à mon unité, a-t-il déclaré. Mais je ne regrette pas ce que j'ai fait – rien, en bien ou en mal – parce que ça m'a sauvé la vie.

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2014/12/16/un-soldat-d-elite-americain-condamne-pour-avoir-rejoint-la-legion-etrangere_4541697_3222.html

vendredi 12 décembre 2014

Google et le Cnes s'allient pour offrir Internet sur toute la planète

L'Agence spatiale française apporte son expertise unique en matière de ballons stratosphériques. Une centaine de ballons de Google vont dériver tout autour de la planète.

(...)

Les équipes de Google ont sollicité l'agence spatiale française au printemps dernier et l'accord de coopération a été bouclé cet été. «C'est grâce à de telles coopérations que les barrières tombent, que naissent les nouveaux projets transverses. Nous sommes fiers d'apporter notre expertise et de bénéficier en retour de l'aide de cette entreprise globale unique qu'est Google», développe Jean-Yves Le Gall.
Au-delà de la réputation d'excellence du Cnes - partenaire de la Nasa pour l'exploration de Mars - auréolée du succès de la mission Rosetta, Google a été séduit par l'expertise accumulée depuis cinquante ans par les Français en matière de ballons stratosphériques et de vols longue durée. Le succès du projet Strateole-Vorcore en 2005 a marqué les esprits. «Nous avons été les premiers à réaliser la première campagne depuis l'Arctique, au profit du laboratoire de météo dynamique, avec des ballons pressurisés», rappelle Philippe Cocquerel, chef du projet «Loon» au Cnes. C'est aussi sur des ballons que l'agence teste des instruments de mesure qui seront ensuite embarqués sur des satellites, effectue des observations astronomiques, collecte des données et réalise des images aux confins de l'atmosphère.
(...)
http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2014/12/10/01007-20141210ARTFIG00384-google-et-le-cnes-s-allient-pour-offrir-internet-sur-toute-la-planete.php

samedi 6 décembre 2014

Les Amérindiens dans la Grande Guerre

(...) La volonté de s’engager a également pu venir de l’amitié nouée avec des Français aux temps de la Nouvelle France et avec les Canadiens francophones qui continuèrent à entretenir des relations de commerce et d’amitié avec les Amérindiens. Ces relations n’étaient pas entachées par le colonialisme. Les Anglais établirent davantage de forts en territoire amérindien et avaient de réelles ambitions coloniales. Lors de la guerre de Sept Ans (1756-1763), qui vit Londres conquérir la Nouvelle France, les Amérindiens prirent fait et cause pour les Français.

Impatient de combattre en France

Le commerce de la fourrure avait permis de nombreux mariages mixtes. Encore aujourd’hui, de nombreux Amérindiens portent des noms de famille d’origine française. C’est mon cas. Au moment de la première guerre mondiale, certains se sont donc dit « allons en France ». Il y a même un soldat de White Earth, la réserve dont je suis originaire, William Hole-In-The-Day, qui avait déjà pris part à la guerre hispano-américaine (1898) et qui était tellement impatient de combattre en France qu’il est parti au Canada pour s’y enrôler début 1917, avant que les Etats-Unis n’entrent en guerre. D’autres considérations ont pu entrer en jeu au moment de rejoindre l’armée, telles que la gêne à l’idée de se retrouver seul avec les femmes et les enfants si l’on n’allait pas se battre…
Nombre de soldats amérindiens sont revenus de la guerre bardés de décorations. Au cours de mes recherches, je n’ai trouvé aucune pièce d’archive montrant qu’un soldat amérindien avait été sanctionné pour son manque d’engagement, avoir voulu déserter, etc. Une camaraderie avec les Blancs aux côtés desquels ils avaient combattu s’est aussi nouée, faisant naître un véritable sentiment d’égalité entre les races.
Le retour a néanmoins été embarrassant pour les autorités américaines. Car ces soldats rentraient dans une réserve fédérale, un territoire occupé par un pays qui ne les reconnaissait pas en tant que citoyens. Et donc, en 1919, le Congrès a adopté une loi qui accordait les pleins droits civiques aux vétérans amérindiens qui en faisaient la demande.
Aucun ne l’a fait, car chacun estimait sans doute ne pas avoir à quémander. Il a donc fallu attendre 1924 avant que la pleine citoyenneté ne soit accordée à tous, sans aucune formalité administrative. Ce délai s’explique sans doute par le fait que le lobbying mené à Washington visait d’abord à améliorer les conditions de vie dans les réserves, augmenter les rations, combattre la corruption, arrêter le détournement de fonds.
Aujourd’hui, les Amérindiens et leurs institutions entretiennent la mémoire des vétérans. La réserve de White Earth a construit un mémorial pour les soldats morts au combat. Les Américains dans leur ensemble portent peu d’attention à la première guerre mondiale, et a fortiori à la participation amérindienne dans ce conflit, mais cela pourrait changer au cours des prochaines années, lorsque, en 2017, débuteront les commémorations de l’entrée en guerre des Etats-Unis.

Gerald Vizenor, est né en 1934 à Minneapolis puis élevé dans la réserve de White Earth (Minnesota), Gerald Vizenor est un poète et écrivain amérindien anishinaabe. Il est professeur émérite à l’université de Californie, Berkeley. Son plus récent roman, Blue Ravens (“Corbeaux bleus”Wesleyan University Press, 300 pages, 18 euros, non traduit), raconte la vie de soldats de deux frères, également originaires de White Earth, qui découvrent la France à la faveur de la Grande Guerre. En France, il a fait paraître le roman Crâneurs (Editions du Rocher, 2007)

http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/11/14/les-amerindiens-dans-la-grande-guerre_4523992_3232.html#ZLxjkieTz6wMYW53.99