mardi 16 décembre 2014

Un soldat américain condamné pour avoir rejoint la Légion étrangère

Un jeune officier américain, l'un des meilleurs de sa promotion à la prestigieuse école militaire de West Point aux Etats-Unis, a été condamné par un tribunal militaire pour désertion après qu'il eut rejoint la Légion étrangère. Lawrence J. Franks Jr. avait abandonné son unité en 2009, rapporte mardi 16 décembre le New York Times. Désormais âgé de 28 ans, il a expliqué devant la cour qu'il avait des pulsions suicidaires depuis plusieurs années et que les conditions de vie difficiles de la Légion étrangère lui avaient offert un exutoire pour sortir de sa dépression.

UN EXUTOIRE POUR SORTIR DE SA DÉPRESSION

« J'avais besoin d'être mouillé et d'avoir froid et faim, a-t-il expliqué au journal, avant sa condamnation. J'avais besoin de la vie éreintante que j'ai seulement pu trouver dans la Légion. » Le sous-lieutenant avait été porté manquant de son unité médicale de Fort Drum, dans l'Etat de New York, dans le nord-est des Etats-Unis. Sans jamais en informer sa famille, il avait pris un vol pour Paris et s'était engagé pour cinq ans dans la Légion étrangère. Ce corps d'élite de l'armée française, créé en 1831, permet aux recrues de changer d'identité et de construire une nouvelle vie. Devenu le légionnaire Christopher Flaherty, l'Américain commence en bas de l'échelle et connaît une ascension rapide jalonnée de décorations. Il a effectué des missions en République centrafricaine et à Djibouti, a été chargé de la sécurité du général de brigade Laurent Kolodziej, commandant de l'armée française au Mali lors de l'intervention en 2013 contre les rebelles islamistes, selon le NYT.

« C'est un homme que je n'oublierai jamais et aux côtés duquel je resterai toujours, a déclaré M. Kolodziej en témoignant par visioconférence devant la cour martiale. Il est plus qu'un soldat-né, il est un gentleman-né. J'aimerais avoir dix hommes comme lui dans mon équipe et je serais le plus heureux des généraux. »

FAIRE FACE À SES RESPONSABILITÉS

A la fin de son contrat de cinq ans, en mars 2014, Lawrence Franks a quitté la Légion et s'est constitué prisonnier sur une base de l'armée américaine en Allemagne pour retrouver sa famille et faire face à ses responsabilités, a raconté le journal. Les procureurs militaires l'ont accusé d'avoir manqué à son devoir et d'avoir causé des problèmes à son unité, affirmant que le jeune soldat avait déserté pour éviter son déploiement en Afghanistan un an plus tard. Mais celui-ci a affirmé qu'il ne pouvait pas attendre aussi longtemps. « Je me sens très mal pour la douleur infligée à ma famille, pour les perturbations à mon unité, a-t-il déclaré. Mais je ne regrette pas ce que j'ai fait – rien, en bien ou en mal – parce que ça m'a sauvé la vie.

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2014/12/16/un-soldat-d-elite-americain-condamne-pour-avoir-rejoint-la-legion-etrangere_4541697_3222.html

vendredi 12 décembre 2014

Google et le Cnes s'allient pour offrir Internet sur toute la planète

L'Agence spatiale française apporte son expertise unique en matière de ballons stratosphériques. Une centaine de ballons de Google vont dériver tout autour de la planète.

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Les équipes de Google ont sollicité l'agence spatiale française au printemps dernier et l'accord de coopération a été bouclé cet été. «C'est grâce à de telles coopérations que les barrières tombent, que naissent les nouveaux projets transverses. Nous sommes fiers d'apporter notre expertise et de bénéficier en retour de l'aide de cette entreprise globale unique qu'est Google», développe Jean-Yves Le Gall.
Au-delà de la réputation d'excellence du Cnes - partenaire de la Nasa pour l'exploration de Mars - auréolée du succès de la mission Rosetta, Google a été séduit par l'expertise accumulée depuis cinquante ans par les Français en matière de ballons stratosphériques et de vols longue durée. Le succès du projet Strateole-Vorcore en 2005 a marqué les esprits. «Nous avons été les premiers à réaliser la première campagne depuis l'Arctique, au profit du laboratoire de météo dynamique, avec des ballons pressurisés», rappelle Philippe Cocquerel, chef du projet «Loon» au Cnes. C'est aussi sur des ballons que l'agence teste des instruments de mesure qui seront ensuite embarqués sur des satellites, effectue des observations astronomiques, collecte des données et réalise des images aux confins de l'atmosphère.
(...)
http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2014/12/10/01007-20141210ARTFIG00384-google-et-le-cnes-s-allient-pour-offrir-internet-sur-toute-la-planete.php

samedi 6 décembre 2014

Les Amérindiens dans la Grande Guerre

(...) La volonté de s’engager a également pu venir de l’amitié nouée avec des Français aux temps de la Nouvelle France et avec les Canadiens francophones qui continuèrent à entretenir des relations de commerce et d’amitié avec les Amérindiens. Ces relations n’étaient pas entachées par le colonialisme. Les Anglais établirent davantage de forts en territoire amérindien et avaient de réelles ambitions coloniales. Lors de la guerre de Sept Ans (1756-1763), qui vit Londres conquérir la Nouvelle France, les Amérindiens prirent fait et cause pour les Français.

Impatient de combattre en France

Le commerce de la fourrure avait permis de nombreux mariages mixtes. Encore aujourd’hui, de nombreux Amérindiens portent des noms de famille d’origine française. C’est mon cas. Au moment de la première guerre mondiale, certains se sont donc dit « allons en France ». Il y a même un soldat de White Earth, la réserve dont je suis originaire, William Hole-In-The-Day, qui avait déjà pris part à la guerre hispano-américaine (1898) et qui était tellement impatient de combattre en France qu’il est parti au Canada pour s’y enrôler début 1917, avant que les Etats-Unis n’entrent en guerre. D’autres considérations ont pu entrer en jeu au moment de rejoindre l’armée, telles que la gêne à l’idée de se retrouver seul avec les femmes et les enfants si l’on n’allait pas se battre…
Nombre de soldats amérindiens sont revenus de la guerre bardés de décorations. Au cours de mes recherches, je n’ai trouvé aucune pièce d’archive montrant qu’un soldat amérindien avait été sanctionné pour son manque d’engagement, avoir voulu déserter, etc. Une camaraderie avec les Blancs aux côtés desquels ils avaient combattu s’est aussi nouée, faisant naître un véritable sentiment d’égalité entre les races.
Le retour a néanmoins été embarrassant pour les autorités américaines. Car ces soldats rentraient dans une réserve fédérale, un territoire occupé par un pays qui ne les reconnaissait pas en tant que citoyens. Et donc, en 1919, le Congrès a adopté une loi qui accordait les pleins droits civiques aux vétérans amérindiens qui en faisaient la demande.
Aucun ne l’a fait, car chacun estimait sans doute ne pas avoir à quémander. Il a donc fallu attendre 1924 avant que la pleine citoyenneté ne soit accordée à tous, sans aucune formalité administrative. Ce délai s’explique sans doute par le fait que le lobbying mené à Washington visait d’abord à améliorer les conditions de vie dans les réserves, augmenter les rations, combattre la corruption, arrêter le détournement de fonds.
Aujourd’hui, les Amérindiens et leurs institutions entretiennent la mémoire des vétérans. La réserve de White Earth a construit un mémorial pour les soldats morts au combat. Les Américains dans leur ensemble portent peu d’attention à la première guerre mondiale, et a fortiori à la participation amérindienne dans ce conflit, mais cela pourrait changer au cours des prochaines années, lorsque, en 2017, débuteront les commémorations de l’entrée en guerre des Etats-Unis.

Gerald Vizenor, est né en 1934 à Minneapolis puis élevé dans la réserve de White Earth (Minnesota), Gerald Vizenor est un poète et écrivain amérindien anishinaabe. Il est professeur émérite à l’université de Californie, Berkeley. Son plus récent roman, Blue Ravens (“Corbeaux bleus”Wesleyan University Press, 300 pages, 18 euros, non traduit), raconte la vie de soldats de deux frères, également originaires de White Earth, qui découvrent la France à la faveur de la Grande Guerre. En France, il a fait paraître le roman Crâneurs (Editions du Rocher, 2007)

http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/11/14/les-amerindiens-dans-la-grande-guerre_4523992_3232.html#ZLxjkieTz6wMYW53.99

samedi 30 août 2014

French workers aren't as lazy as you think

Despite France’s admittedly complex labor regulations, French workers are about as productive as American workers.

There are few things Americans do better than make fun of France.
Perhaps aside from the French army’s World War II-era ineptitude, French work habits is our favorite piece of fodder. Last year, when a collective bargaining agreement between overtime-exempt French employees in the tech sector prevented those workers from being required to check their emails for longer than 13 hours per day, the English-speaking media gleefully (and erroneously) produced countlessheadlines proclaiming that France had banned workers nationwide from checking their email after 6 p.m.
The Anglophone world also has a seemingly endless fascination with France’s famous 35-hour work week. Could it really be that in an age when Americans feel like they are spending more and more time at work, French workers can get away with a 9-to-4 shift five days a week?
The simple answer is no.
Even though France’s new economy minister is making headlines by calling into question some of the details of his country’s 35-hour work week policy, the regulation isn’t really all that much different from those in place in the U.S.
The 35-hour work week was instituted in France in 1998 as part of an effort to create more jobs, based on the logic that if people were working fewer hours, firms would have to hire more workers to compensate. And, just like in the U.S., where there is a 40- hour work week, French workers are free to work more than 35 hours, it’s just that they have to be compensated with overtime pay or flextime if they do. In the U.S., employers often have to pay non-exempt workers time-and-a-half for hours worked beyond 40 per week. In France, workers are paid 1.25 times their normal salaries for weekly hours worked between 36 and 44, and 1.5 times those worked beyond that.
And at the end of the day, French workers put in an average of about 39.5 hours per week, not far behind the Eurozone average of 40.9 hours per week, according to a report from the European Green Foundation. The main difference in working hours and income between France and the U.S. boils down to the fact that French law mandates 30 paid days of vacation, or five weeks. But this is the norm across Europe. Countries like Germany, which is often considered a much more business-friendly environment than France, require 34 days of paid vacation.
As a result, French workers are on the job for more total hours on average per year than their German counterparts, according to the most recent OECD data.Screen Shot 2014-08-28 at 2.42.24 PM
Much of the differences in the income of wealthy countries can simply be explained by variations in required paid vacation. Sure, the U.S. has higher GDP per capita than some of its wealthy peers like France, but when you control for the number of hours worked, the differences are much less stark. As you can see from the following chart, France actually had a more productive work force by this measure than the U.S. until very recently:
gdp per hours worked
So, despite France’s admittedly complex labor regulations, French workers are about as productive as American workers. And when they aren’t on vacation, they work roughly 40 hours per week, just like Americans do. It’s just that French society has decided it would rather be compensated in leisure time than in cash.
There’s little evidence that regulations like requiring overtime for work above 35 hours per week (or 40 for that matter) hamper employment or economic growth. The World Bank published a study in 2013 that surveyed the literature on labor regulations and their economic effects, and it found that mandated benefits like paid time off and a limited workweek have no real measurable effect on the efficiency of an economy. There’s far more evidence that laws in France that make it difficult or expensive to fire workers inhibits job growth, but that’s another question altogether.
http://fortune.com/2014/08/28/france-workers-work-week/