jeudi 11 novembre 2010

Deux Français ont-ils traversé l'Atlantique avant Lindbergh ?


Photo non datée de "L'Oiseau-Blanc".AFP/-

Bernard Decré, président de l'association "A la recherche de L'Oiseau-Blanc" a les yeux qui pétillent… A 70 ans, le fondateur du Tour de France à la voile et passionné d'aviation, voit quatre années de recherches sur le point d'aboutir.

De nouveaux éléments accréditent l'hypothèse que L'Oiseau-Blanc, l'avion de Nungesser et Coli, les deux aviateurs français disparus en mai 1927 lors de leur traversée de l'Atlantique nord, se serait écrasé près des côtes de Saint-Pierre-et-Miquelon. Une découverte qui pourrait bouleverser l'histoire de l'aviation mondiale… Car depuis toujours, l'exploit du premier vol transatlantique est attribué à l'Américain Lindbergh.

UNE MYSTÉRIEUSE ÉPAVE

Il y a quelques semaines, plongé dans les archives nationales américaines, Bernard Decré met la main sur une pièce de la plus haute importance : un télégramme daté du 18 août 1927, soit plus de trois mois après la disparition des deux aviateurs, provenant d'un navire des garde-côtes américains.


Le télégramme des gardes-côtes américains relance les spéculations sur le parcours de Nungesser et Coli.


On peut y lire : "Une paire d'ailes blanches reliées entre elles a été retrouvée dans l'ouest de Sable Island. Il pourrait s'agir de morceaux d'épave de l'avion de Nungesser et Coli." La pièce de quinze pieds de long et de quatre de large a tout l'air d'appartenir à l'appareil des Français. Elle a été retrouvée à 180 kilomètres au sud-est des côtes de la Nouvelle-Ecosse, au Canada. Le courant océanique du Labrador pourrait expliquer qu'elle ait dérivé aussi loin de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Bernard Decré compte bien creuser cette piste, car il pense que les Etats-Unis ont été, ou sont toujours, en possession d'une pièce à conviction irréfutable – ce bout d'aile – et auraient volontairement étouffé l'affaire. Une thèse plausible au regard du contexte de l'époque : les Américains voulaient à tout prix décrocher cet exploit avant les Européens. Quatre avions, dont le Spirit of Saint Louis de Lindberg, étaient sur la ligne de départ new-yorkaise en cette période d'effervescence des grandes régates. Sur le blog qui retrace jour après jour ses recherches, Bernard Decré explique qu'il a l'impression d'"avoir ferré un gros poisson".

Lorsque sa fille lui offre, il y a quelques années, un livre de l'auteur et chasseur d'épaves Clive Cussler, elle ne sait pas ce qu'elle vient de déclencher. Bernard Decré décide alors de se lancer à la recherche du mythique Oiseau-Blanc. Pendant quatre ans, il fouille les archives françaises et américaines, retrouve les journaux d'époque relatant l'épopée des deux aviateurs.

L'aventure des Français avait donné lieu à une méprise restée célèbre dans l'histoire de la presse hexagonale. A la suite de rumeurs signalant le passage de l'avion au-dessus de Terre-Neuve le 9 mai 1927, onze jours avant la traversée de Lindbergh, le succès du vol avait été annoncé avec anticipation par plusieurs journaux français, avant que la nouvelle soit démentie. L'Oiseau-Blanc et ses pilotes ne seront jamais revus.

Quatre-vingts ans plus tard, Bernard Decré fait des appels à témoins sur les ondes canadiennes, sonde les fonds sous-marins de Saint-Pierre-et-Miquelon et recueille de nombreux témoignages.
Des témoignages concordants mais aussi des bouts d'ailes retrouvés ici et là dans l'Atlantique nord. Pour Jean-François Georges, président de l'Aéroclub de France, ce nouveau document administratif, inestimable, confirme aujourd'hui l'hypothèse selon laquelle Nungesser et Coli ont bien traversé l'Atlantique douze jours avant les Américains. La découverte du moteur, seule pièce de l'appareil qui aurait résisté au temps et à l'eau, pourrait lever les quelques incertitudes qui demeurent...

Mais Bernard Decré reste fair-play. Il ne remet pas en question l'exploit de Lindbergh et souhaite simplement faire toute la lumière sur l'aventure de ses rivaux français, dont s'était enquis Lindbergh lui-même.

La troisième campagne de recherches de l'épave devrait se dérouler à Saint-Pierre-et-Miquelon courant juin 2011.

http://lemonde.fr/planete/article/2010/11/10/deux-francais-ont-ils-traverse-l-atlantique-avant-lindbergh_1438290_3244.html

2 commentaires:

DECRE Bernard a dit…

L'Association "La Recherche de l'Oiseau Blanc" est en contact avec La Fondation Lindbergh, et spécialement avec Eric Lindbergh, car il est clair que nous ne faisons que répondre à la première question que Lindbergh posa à son arrivée au Bourget: "A t on des nouvelles de Nungesser?"...
Maintenant nous savons qu'ils ont réussi la traversée mais qu'ils se sont abimés dans le brouillard devant Saint Pierre. s'il l'avait su, Charles Lindbergh aurait été certainement le premier à déposer avec son avion, une gerbe de fleurs à l'entrée du port de SAint Pierre car c'était un vrai chevalier du ciel , comme Charles Nungesser!

Normandy Thenandnow a dit…

An interesting article thank you. We recently visited the memorial Nungesser and Coli at Etretat, Normandy – some pictures here http://www.normandythenandnow.com/last-flight-of-the-white-bird-at-etretat/
It’s a stunning memorial at the place Nungesser and Coli last saw France.
Also posted is an old image of the original memorial blown up by the Germans in WW2. Memorial styles certainly change!
We are glad Nungesser and Coli and their bravery are not forgotten.