"A mon directeur de campagne, David Plouffe, le héros méconnu de cette campagne, qui a bâti la meilleure, la meilleure campagne politique, je pense, de l'histoire des Etats-Unis d'Amérique."
Plouffe: Le nom est porté au Québec, où il est présent depuis le XVIIe siècle. Le premier porteur s'appelait Jean Blouf et venait de Paris. Autres graphies rencontrées : Plouf, Plouff, Ploof, Pluff. Difficile d'en trouver la signification. Disons que Blouf pourrait correspondre à l'ancien français "baloffe" (= balle de blé ou d'avoine, paillasse).
mercredi 5 novembre 2008
Ces médias français dont les Américains se contrefichent
Des dizaines d’envoyés spéciaux se sont précipités aux USA pour couvrir l’élection présidentielle… dans l’indifférence totale. Impossible d’approcher les candidats !
A événement mondial, couverture médiatique mondiale… Toutes les chaînes françaises ont mis en place un dispositif spécial pour suivre les derniers jours de la campagne présidentielle américaine. Pour France Télévisions par exemple, les quatre éditions du journal de 20H de France 2 du 2 au 5 novembre sont et seront présentées en direct des États-Unis par messieurs Delahousse et Pujadas. France 2 se met aux couleurs de l’Amérique. Même Télématin s’y collera… C’est dire. Son de cloche analogue pour les autres chaînes qui multiplieront émissions spéciales, duplex et autres interviews exclusives. Sauf que les journalistes non-américains en général et français en particulier ont eu le plus grand mal à suivre la campagne américaine. Et cela pour une raison qui a frappé le bon sens des campagnes démocrate (surtout) et républicaine (un peu) : ils informent des gens qui ne votent pas aux États-Unis. Il ne s’agit donc de pas de perdre du temps avec eux.
Philippe Boulet-Gercourt, correspondant du Nouvel Observateur, qui couvre sa quatrième élection américaine raconte : « A l’automne 2007, alors que Barack Obama est à 30 points derrière Clinton, j’ai eu l’idée de faire une bio d’Obama. Pendant deux mois, j’ai tenté d’approcher son équipe pour avoir le feu vert avant d’aller rencontrer ses proches. Après un long silence, j’ai reçu une réponse négative. L’indifférence à l’égard des journalistes étrangers est absolue. Il y a clairement des consignes au niveau national qui rendent les conditions de travail très difficiles. C’était déjà le cas lors de la réélection de Clinton, mais pour cette campagne, le nombre de journalistes étrangers venus couvrir la campagne a considérablement augmenté, rendant probablement difficile le travail des communicants des candidats. Heureusement que sur le terrain, les gens avaient tous très envie de parler. »
« Le pire c’est les conventions »
Dans l’univers merveilleux des meetings, des shows toujours très mis en scène, les surprises sont parfois de mise. Corinne Lesnes, correspondante du Monde aux États-Unis raconte à Bakchich l’indifférence dont la presse étrangère est victime. « Lors de la primaire en Caroline du Sud, j’ai essayé d’approcher David Axelrod, l’un des principaux conseillers d’Obama. Il a tout bonnement refusé de me parler. 20 minutes plus tard, je le retrouvais en train de critiquer Bill Clinton devant quelques blogueurs américains locaux ! C’est dire l’intérêt qu’il porte aux médias étrangers… Malheureusement, il y a une vraie mentalité insulaire ici. Mais je ne me fais pas de soucis, ils sauront nous trouver quand ils auront besoin de nous ».
Il y a peu, la journaliste du Monde racontait sur son blog comment la presse était obligé de cracher au bassinet pour avoir le plaisir d’écouter Barack Obama à Chicago. « Pour la soirée électorale de Barack à Chicago, la presse a le choix entre des “packages”. Vous préférez le package super-luxe pour les télés (1870 dollars) ou la formule presse écrite à 935 dollars (prise électrique + chaise au chaud + sandwich). Il y a bien une possibilité d’avoir une accréditation gratuite. Mais la vue est limitée, il fait froid et on reste debout. »
« Le pire, c’est les conventions », soupire Philippe Boulet-Gercourt. Ainsi, lors de la convention démocrate à Denver, où près de 15000 journalistes étaient rassemblés, alors que les délégués, regroupés par État étaient rassemblés au cœur du stade, les journalistes américains placés plus hauts dans les gradins, les derniers étages étaient gentiment réservés aux journalistes étrangers. Avec l’interdiction formelle pour la presse de quitter leur place.
Canal + de galères
Et parfois, les mésaventures sont telles qu’elles peuvent alimenter un documentaire complet. C’est le cas par exemple pour Laurence Haïm, correspondante aux États-Unis pour i-Télé et Canal +. Les nombreuses difficultés qu’elle a rencontrées ont donné lieu à un documentaire de 55 minutes, « No Access », qui doit être diffusé sur Canal + le lundi 3 novembre. Si elle est la seule journaliste française à avoir obtenu une interview exclusive de 7 minutes de Barack Obama, les rapports avec les divers staffs de campagne se sont révélés plutôt compliqués.
Contactée par Bakchich, la journaliste Laurence Haïm raconte que les galères ne se sont pas arrêtées avec le documentaire. « Le soir du 4 novembre, par exemple, sera un cauchemar absolu pour les télés étrangères. Aucune d’entre elle n’a eu l’autorisation de s’installer à côté de la scène où se situera Obama. 48 positions ont été réservées uniquement pour les télés américaines. Les conseillers de la campagne démocrate estiment que le reste du monde lui est acquis. Et que cela ne sert à rien de perdre du temps à délivrer un message qu’ils pensent, peut-être à juste titre, déjà reçu. Cela fait un mois par exemple qu’Obama n’a pas fait de conférence de presse… »
Il y a quelques temps, dans le Washington Post, un correspondant allemand s’étonnait que pour quelqu’un qui souhaite que les États-Unis renouent avec le reste du monde, il est étrange qu’Obama n’ait jamais accepté de donner une interview à la presse étrangère. « Il y a une vraie discrimination par la nationalité. Les journalistes doivent s’interroger sur leur métier pour savoir à quel point nous pouvons accepter, ou pas, de participer à des opérations marketing. », ajoute quant à elle Laurence Haïm.
Canal + d’ailleurs n’est pas au bout de ses peines. Si l’équipe du Grand Journal, l’émission phare de la chaîne, a décidé un peu dans la précipitation de se déplacer à grand frais à New York pour l’élection, elle a le plus grand mal à trouver des invités sur place, probablement tous réquisitionnés par les télés américaines. La chaîne cryptée a été, par exemple, obligée de faire venir de France des VIP pour l’occasion, comme par exemple Dominique de Villepin. L’Amérique, l’Amérique, je veux l’avoir, et je l’aurai !
http://www.bakchich.info/article5667.html
A événement mondial, couverture médiatique mondiale… Toutes les chaînes françaises ont mis en place un dispositif spécial pour suivre les derniers jours de la campagne présidentielle américaine. Pour France Télévisions par exemple, les quatre éditions du journal de 20H de France 2 du 2 au 5 novembre sont et seront présentées en direct des États-Unis par messieurs Delahousse et Pujadas. France 2 se met aux couleurs de l’Amérique. Même Télématin s’y collera… C’est dire. Son de cloche analogue pour les autres chaînes qui multiplieront émissions spéciales, duplex et autres interviews exclusives. Sauf que les journalistes non-américains en général et français en particulier ont eu le plus grand mal à suivre la campagne américaine. Et cela pour une raison qui a frappé le bon sens des campagnes démocrate (surtout) et républicaine (un peu) : ils informent des gens qui ne votent pas aux États-Unis. Il ne s’agit donc de pas de perdre du temps avec eux.
Philippe Boulet-Gercourt, correspondant du Nouvel Observateur, qui couvre sa quatrième élection américaine raconte : « A l’automne 2007, alors que Barack Obama est à 30 points derrière Clinton, j’ai eu l’idée de faire une bio d’Obama. Pendant deux mois, j’ai tenté d’approcher son équipe pour avoir le feu vert avant d’aller rencontrer ses proches. Après un long silence, j’ai reçu une réponse négative. L’indifférence à l’égard des journalistes étrangers est absolue. Il y a clairement des consignes au niveau national qui rendent les conditions de travail très difficiles. C’était déjà le cas lors de la réélection de Clinton, mais pour cette campagne, le nombre de journalistes étrangers venus couvrir la campagne a considérablement augmenté, rendant probablement difficile le travail des communicants des candidats. Heureusement que sur le terrain, les gens avaient tous très envie de parler. »
« Le pire c’est les conventions »
Dans l’univers merveilleux des meetings, des shows toujours très mis en scène, les surprises sont parfois de mise. Corinne Lesnes, correspondante du Monde aux États-Unis raconte à Bakchich l’indifférence dont la presse étrangère est victime. « Lors de la primaire en Caroline du Sud, j’ai essayé d’approcher David Axelrod, l’un des principaux conseillers d’Obama. Il a tout bonnement refusé de me parler. 20 minutes plus tard, je le retrouvais en train de critiquer Bill Clinton devant quelques blogueurs américains locaux ! C’est dire l’intérêt qu’il porte aux médias étrangers… Malheureusement, il y a une vraie mentalité insulaire ici. Mais je ne me fais pas de soucis, ils sauront nous trouver quand ils auront besoin de nous ».
Il y a peu, la journaliste du Monde racontait sur son blog comment la presse était obligé de cracher au bassinet pour avoir le plaisir d’écouter Barack Obama à Chicago. « Pour la soirée électorale de Barack à Chicago, la presse a le choix entre des “packages”. Vous préférez le package super-luxe pour les télés (1870 dollars) ou la formule presse écrite à 935 dollars (prise électrique + chaise au chaud + sandwich). Il y a bien une possibilité d’avoir une accréditation gratuite. Mais la vue est limitée, il fait froid et on reste debout. »
« Le pire, c’est les conventions », soupire Philippe Boulet-Gercourt. Ainsi, lors de la convention démocrate à Denver, où près de 15000 journalistes étaient rassemblés, alors que les délégués, regroupés par État étaient rassemblés au cœur du stade, les journalistes américains placés plus hauts dans les gradins, les derniers étages étaient gentiment réservés aux journalistes étrangers. Avec l’interdiction formelle pour la presse de quitter leur place.
Canal + de galères
Et parfois, les mésaventures sont telles qu’elles peuvent alimenter un documentaire complet. C’est le cas par exemple pour Laurence Haïm, correspondante aux États-Unis pour i-Télé et Canal +. Les nombreuses difficultés qu’elle a rencontrées ont donné lieu à un documentaire de 55 minutes, « No Access », qui doit être diffusé sur Canal + le lundi 3 novembre. Si elle est la seule journaliste française à avoir obtenu une interview exclusive de 7 minutes de Barack Obama, les rapports avec les divers staffs de campagne se sont révélés plutôt compliqués.
Contactée par Bakchich, la journaliste Laurence Haïm raconte que les galères ne se sont pas arrêtées avec le documentaire. « Le soir du 4 novembre, par exemple, sera un cauchemar absolu pour les télés étrangères. Aucune d’entre elle n’a eu l’autorisation de s’installer à côté de la scène où se situera Obama. 48 positions ont été réservées uniquement pour les télés américaines. Les conseillers de la campagne démocrate estiment que le reste du monde lui est acquis. Et que cela ne sert à rien de perdre du temps à délivrer un message qu’ils pensent, peut-être à juste titre, déjà reçu. Cela fait un mois par exemple qu’Obama n’a pas fait de conférence de presse… »
Il y a quelques temps, dans le Washington Post, un correspondant allemand s’étonnait que pour quelqu’un qui souhaite que les États-Unis renouent avec le reste du monde, il est étrange qu’Obama n’ait jamais accepté de donner une interview à la presse étrangère. « Il y a une vraie discrimination par la nationalité. Les journalistes doivent s’interroger sur leur métier pour savoir à quel point nous pouvons accepter, ou pas, de participer à des opérations marketing. », ajoute quant à elle Laurence Haïm.
Canal + d’ailleurs n’est pas au bout de ses peines. Si l’équipe du Grand Journal, l’émission phare de la chaîne, a décidé un peu dans la précipitation de se déplacer à grand frais à New York pour l’élection, elle a le plus grand mal à trouver des invités sur place, probablement tous réquisitionnés par les télés américaines. La chaîne cryptée a été, par exemple, obligée de faire venir de France des VIP pour l’occasion, comme par exemple Dominique de Villepin. L’Amérique, l’Amérique, je veux l’avoir, et je l’aurai !
http://www.bakchich.info/article5667.html
mardi 4 novembre 2008
Ce que les médias français ne vous disent pas sur Obama
Même si les médias du monde entier ne jurent que par Obama, quelques voix s'élèvent outre-atlantique pour critiquer son opportunisme et le choix du mode de financement entièrement privé de sa campagne qui risque de faire de lui l'otage des lobbies de Washington.
La France vote Obama ! Sans blague. Selon un sondage publié en France le 17 octobre, 69% des personnes interrogées accordaient leurs suffrages au candidat démocrate, seulement 5% à John McCain. Un score soviétique relevant surtout du sondage de notoriété dépourvu de toute signification politique.
Simple détail, les Français ne sont pas appelés à se prononcer.
Alors certes, un seul Obama vaudra mieux que tous les McCain du monde puisque tout le monde le dit.
Posons la question autrement sans tomber dans l'idéalisation de l'homme providentiel. Combien de Français donneraient leur vote à un homme affirmant sa foi en Dieu, favorable à la peine de mort et à la vente libre d'armes, qui a promis de bâtir une nouvelle armée du XXIème siècle forte de 100.000 hommes supplémentaires, sans s'interdire d'envisager une intervention militaire au Pakistan. Certes, le portrait est aussi minimaliste que caricatural, à la mesure des louanges qu'on lui tresse à l'habitude mais il dit aussi à quel point la transposition du duel américain en France est ridicule.
Obama, la créature de Washington:
Heureusement, certains journaux américains n'ont pas attendu pour relativiser le cas Obama. Dans un portrait critique, publié dans Harper's Magazine en novembre 2006, Ken Silverstein croquait Obama en créature, qualifiée de « Washington machine », façonnée sur mesure par les lobbys et les réseaux de communicants, conseils en relations publiques, sondeurs et autres stratèges politiques.
Repris en partie par la revue Le plan B, le portrait « souligne ses liens avec des bailleurs de fonds liés eux-mêmes à de grandes entreprises, ainsi que son opposition à un calendrier impératif de retrait d'Irak. Il rappelle aussi qu'en 2006 Obama a soutenu le sénateur démocrate pro-guerre Joseph Lieberman contre le candidat investi par les militants du parti, Ned Lamont. Mais même les commentateurs de gauche les plus sévères envers Obama omettent souvent les éléments de son passé politique qui contredisent son étiquette d'homme du centre. De son côté, Joe Klein, éditorialiste « ultracentriste » célèbre le sénateur de l'Illinois pour la raison suivante : « Il semble faire preuve d'une volonté presque obsessionnelle de trouver un terrain d'accord avec la droite »
Une campagne financée à 75% par des gros donateurs privés :
Dominique de Villepin appelle, lui aussi, à une certaine prudence: « Obama est séduisant, mais n'allons pas réinventer l'atlantisme s'il était élu! L'Amérique n'est plus le centre de l'Occident qui n'est plus le centre du monde. Obama, comme McCain, défendra les intérêts de son pays, qui ne seront pas exactement les nôtres. Il développe des thèmes sociaux qui renvoient à Roosevelt. Mais il est aussi choisi par des lobbies financiers: la moitié du financement d'Obama vient des grands groupes, de dollars venus de Goldman Sachs... ».
En effet, Obama est le premier candidat de l'histoire des élections américaines qui refuse la subvention électorale de l'Etat fédéral (84,1 millions de dollars) et finance entièrement sa campagne grâce aux donateurs privés. Un coup fatal porté au mode de financement public des élections. Du jamais vu et sans doute un nouveau problème à régler pour le financement des futures campagnes politiques. Pas mal pour un candidat censé incarner la gauche de l'échiquier politique. Barack Obama a beaucoup communiqué sur ses méthodes de financement consistant à s'appuyer sur les petits donateurs privés. Certes, il a récolté 600 millions de dollars au cours de cette campagne, le double des sommes levées par son opposant, selon une enquête du Washington Post.
Simple détail, souvent oublié, les trois quarts de cette somme ne proviennent pas des militants de base mais de grands donateurs, VIP, grandes fortunes, lobbies, entreprises… Les élites du pays qui ne manqueront sans doute pas de se rappeler à
son bon souvenir en temps utile.
Marianne2.
La France vote Obama ! Sans blague. Selon un sondage publié en France le 17 octobre, 69% des personnes interrogées accordaient leurs suffrages au candidat démocrate, seulement 5% à John McCain. Un score soviétique relevant surtout du sondage de notoriété dépourvu de toute signification politique.
Simple détail, les Français ne sont pas appelés à se prononcer.
Alors certes, un seul Obama vaudra mieux que tous les McCain du monde puisque tout le monde le dit.
Posons la question autrement sans tomber dans l'idéalisation de l'homme providentiel. Combien de Français donneraient leur vote à un homme affirmant sa foi en Dieu, favorable à la peine de mort et à la vente libre d'armes, qui a promis de bâtir une nouvelle armée du XXIème siècle forte de 100.000 hommes supplémentaires, sans s'interdire d'envisager une intervention militaire au Pakistan. Certes, le portrait est aussi minimaliste que caricatural, à la mesure des louanges qu'on lui tresse à l'habitude mais il dit aussi à quel point la transposition du duel américain en France est ridicule.
Obama, la créature de Washington:
Heureusement, certains journaux américains n'ont pas attendu pour relativiser le cas Obama. Dans un portrait critique, publié dans Harper's Magazine en novembre 2006, Ken Silverstein croquait Obama en créature, qualifiée de « Washington machine », façonnée sur mesure par les lobbys et les réseaux de communicants, conseils en relations publiques, sondeurs et autres stratèges politiques.
Repris en partie par la revue Le plan B, le portrait « souligne ses liens avec des bailleurs de fonds liés eux-mêmes à de grandes entreprises, ainsi que son opposition à un calendrier impératif de retrait d'Irak. Il rappelle aussi qu'en 2006 Obama a soutenu le sénateur démocrate pro-guerre Joseph Lieberman contre le candidat investi par les militants du parti, Ned Lamont. Mais même les commentateurs de gauche les plus sévères envers Obama omettent souvent les éléments de son passé politique qui contredisent son étiquette d'homme du centre. De son côté, Joe Klein, éditorialiste « ultracentriste » célèbre le sénateur de l'Illinois pour la raison suivante : « Il semble faire preuve d'une volonté presque obsessionnelle de trouver un terrain d'accord avec la droite »
Une campagne financée à 75% par des gros donateurs privés :
Dominique de Villepin appelle, lui aussi, à une certaine prudence: « Obama est séduisant, mais n'allons pas réinventer l'atlantisme s'il était élu! L'Amérique n'est plus le centre de l'Occident qui n'est plus le centre du monde. Obama, comme McCain, défendra les intérêts de son pays, qui ne seront pas exactement les nôtres. Il développe des thèmes sociaux qui renvoient à Roosevelt. Mais il est aussi choisi par des lobbies financiers: la moitié du financement d'Obama vient des grands groupes, de dollars venus de Goldman Sachs... ».
En effet, Obama est le premier candidat de l'histoire des élections américaines qui refuse la subvention électorale de l'Etat fédéral (84,1 millions de dollars) et finance entièrement sa campagne grâce aux donateurs privés. Un coup fatal porté au mode de financement public des élections. Du jamais vu et sans doute un nouveau problème à régler pour le financement des futures campagnes politiques. Pas mal pour un candidat censé incarner la gauche de l'échiquier politique. Barack Obama a beaucoup communiqué sur ses méthodes de financement consistant à s'appuyer sur les petits donateurs privés. Certes, il a récolté 600 millions de dollars au cours de cette campagne, le double des sommes levées par son opposant, selon une enquête du Washington Post.
Simple détail, souvent oublié, les trois quarts de cette somme ne proviennent pas des militants de base mais de grands donateurs, VIP, grandes fortunes, lobbies, entreprises… Les élites du pays qui ne manqueront sans doute pas de se rappeler à
son bon souvenir en temps utile.
Marianne2.
vendredi 17 octobre 2008
Oh yeah!
· 46 millions
C’est le nombre d’Américains qui ne bénéficient d’aucune assurance santé (en 1994, 40 millions étaient dans ce cas). (SOURCE : « Le Monde 2 », 11/10/08.)
· 400.000 dollars
C’est le coût d’un week-end que s’est offert la direction de l’assureur américain AIG (fraîchement nationalisé) pour se remettre de ses émotions ! (SOURCE : « Le Monde » du 10/10/08.)
C’est le nombre d’Américains qui ne bénéficient d’aucune assurance santé (en 1994, 40 millions étaient dans ce cas). (SOURCE : « Le Monde 2 », 11/10/08.)
· 400.000 dollars
C’est le coût d’un week-end que s’est offert la direction de l’assureur américain AIG (fraîchement nationalisé) pour se remettre de ses émotions ! (SOURCE : « Le Monde » du 10/10/08.)
lundi 22 septembre 2008
American intervention during WWI
The myth “we bailed you out a first time…” etc…
In reality the American intervention during WWI had mostly a psychological impact on the Germans, not a military one.
The first American troops, who were called “Doughboys” by other Allied troops, arrived in Europe in June 1917 (with French weapons). However the AEF did not fully participate at the front until October, when the 1st Infantry Division, one of the best-trained divisions of the AEF, entered the trenches at Nancy. Pershing wanted an American force that could operate independently of the other Allies, but his vision could not be realized until adequately trained troops with sufficient supplies reached Europe. Training schools in America sent their best men to the front, and Pershing also established facilities in France to train new arrivals for combat.
Throughout 1917 and into 1918, American divisions were usually employed to augment French and British units in defending their lines and in staging attacks on German positions. Beginning in May 1918, with the first United States victory at Cantigny, AEF commanders increasingly assumed sole control of American forces in combat. By July 1918, French forces often were assigned to support AEF operations. During the Battle of Saint-Mihiel, beginning September 12, 1918, Pershing commanded the American First Army, comprising seven divisions and more than 500,000 men, in the largest offensive operation ever undertaken by United States armed forces. This successful offensive was followed by the Meuse-Argonne offensive, lasting from September 26 to November 11, 1918, during which Pershing commanded more than one million American and French soldiers. In these two military operations, Allied forces recovered more than two hundred square miles (520 km²) of French territory from the German army. By the time the Armistice ended combat on November 11, 1918, the American Expeditionary Forces had evolved into a modern, combat-tested army.”
The AEF sustained about 360,000 casualties, including 116,000 dead—some 50,000 of them were killed in action or died of wounds—and 234,000 wounded. The high casualty rate sustained at a time when Allied casualty rates were lighter can be attributed to Pershing’s insistence on doing things his way and not incorporating the latest field tested tactics that were proving successful to other Allied commanders on the ground. Earlier in the war, Allied casualty rates had been horrific, but by the time American forces entered battle new technology and advanced tactics had reduced casualty rates dramatically. Although he was quick to adjust, his slightly outdated tactics, lack of equipment and poor logistics proved costly in American casualties. Also, as a result of grave medical and sanitary problems in training camps as well as in Europe, many troops of the AEF fell victim to disease, especially influenza.
en.wikipedia.org/wiki/American_Expeditionary_Force
This doesn’t take anything away from the gallantry of US soldiers of course, but transforming them into “saviours” is another thing.
During 1918 the German Spring offensive had failed (at that time Germany was already falling apart at home) and was followed by the Allied 100 days offensive during the summer which broke down the Hindenburg line.
“The Allied counteroffensive, known as the Hundred Days Offensive, began on 8 August 1918. The Battle of Amiens developed with III Corps Fourth British Army on the left, the First French Army on the right, and the Australian and Canadian Corps spearheading the offensive in the centre through Harbonnières. It involved 414 tanks of the Mark IV and Mark V type, and 120,000 men. They advanced 12 kilometers (7 miles) into German-held territory in just seven hours. Erich Ludendorff referred to this day as the “Black Day of the German army”
The Americans saw mostly real action during the 3 last months of the war (september-november) through the Meuse-Argonne offensive. At that time the Germans were already retreating :
U.S. forces consisted of nine divisions (Paterson, 2005) of the U.S. First Army commanded by General John J. Pershing until October 16 and then by Lt. General Hunter Liggett. More than 1,200,000 U.S. troops eventually took part in the battle. The logistics were planned and directed by Col. George Marshall. German forces consisted of 5 German divisions, 4 of which were described as low grade. Resistance grew to approximately 450,000 German troops from the Fifth Army of Group Gallwitz commanded by General Georg von der Marwitz.
In other words the US outnumbered the Germans 3 to 1 and the Germans hadn’t their best forces involved. Despite that the amount of casualties on both sides was the same.
Comment on SuperFrenchie.com:
To sum up : The US aid during WWI wasn’t even at the level “cavalry arrives to save platoon surrounded by Indians”. It was an asset yes, but its primarily importance was to show other powers in Europe that the US was a growing nation that broke its isolationism and sided with the two major empires of the time, Britain and France.
Why then transform this into a “savior myth” (as if WWII wasn’t enough) unless it has to do with a bad case of bad self-esteem ? The US intervention during WWI is glorious enough in itself without creating an alternate “reality”.
end of rant
-----------
Casualties:
France: 1,397,800
US: 116,708
In reality the American intervention during WWI had mostly a psychological impact on the Germans, not a military one.
The first American troops, who were called “Doughboys” by other Allied troops, arrived in Europe in June 1917 (with French weapons). However the AEF did not fully participate at the front until October, when the 1st Infantry Division, one of the best-trained divisions of the AEF, entered the trenches at Nancy. Pershing wanted an American force that could operate independently of the other Allies, but his vision could not be realized until adequately trained troops with sufficient supplies reached Europe. Training schools in America sent their best men to the front, and Pershing also established facilities in France to train new arrivals for combat.
Throughout 1917 and into 1918, American divisions were usually employed to augment French and British units in defending their lines and in staging attacks on German positions. Beginning in May 1918, with the first United States victory at Cantigny, AEF commanders increasingly assumed sole control of American forces in combat. By July 1918, French forces often were assigned to support AEF operations. During the Battle of Saint-Mihiel, beginning September 12, 1918, Pershing commanded the American First Army, comprising seven divisions and more than 500,000 men, in the largest offensive operation ever undertaken by United States armed forces. This successful offensive was followed by the Meuse-Argonne offensive, lasting from September 26 to November 11, 1918, during which Pershing commanded more than one million American and French soldiers. In these two military operations, Allied forces recovered more than two hundred square miles (520 km²) of French territory from the German army. By the time the Armistice ended combat on November 11, 1918, the American Expeditionary Forces had evolved into a modern, combat-tested army.”
The AEF sustained about 360,000 casualties, including 116,000 dead—some 50,000 of them were killed in action or died of wounds—and 234,000 wounded. The high casualty rate sustained at a time when Allied casualty rates were lighter can be attributed to Pershing’s insistence on doing things his way and not incorporating the latest field tested tactics that were proving successful to other Allied commanders on the ground. Earlier in the war, Allied casualty rates had been horrific, but by the time American forces entered battle new technology and advanced tactics had reduced casualty rates dramatically. Although he was quick to adjust, his slightly outdated tactics, lack of equipment and poor logistics proved costly in American casualties. Also, as a result of grave medical and sanitary problems in training camps as well as in Europe, many troops of the AEF fell victim to disease, especially influenza.
en.wikipedia.org/wiki/American_Expeditionary_Force
This doesn’t take anything away from the gallantry of US soldiers of course, but transforming them into “saviours” is another thing.
During 1918 the German Spring offensive had failed (at that time Germany was already falling apart at home) and was followed by the Allied 100 days offensive during the summer which broke down the Hindenburg line.
“The Allied counteroffensive, known as the Hundred Days Offensive, began on 8 August 1918. The Battle of Amiens developed with III Corps Fourth British Army on the left, the First French Army on the right, and the Australian and Canadian Corps spearheading the offensive in the centre through Harbonnières. It involved 414 tanks of the Mark IV and Mark V type, and 120,000 men. They advanced 12 kilometers (7 miles) into German-held territory in just seven hours. Erich Ludendorff referred to this day as the “Black Day of the German army”
The Americans saw mostly real action during the 3 last months of the war (september-november) through the Meuse-Argonne offensive. At that time the Germans were already retreating :
U.S. forces consisted of nine divisions (Paterson, 2005) of the U.S. First Army commanded by General John J. Pershing until October 16 and then by Lt. General Hunter Liggett. More than 1,200,000 U.S. troops eventually took part in the battle. The logistics were planned and directed by Col. George Marshall. German forces consisted of 5 German divisions, 4 of which were described as low grade. Resistance grew to approximately 450,000 German troops from the Fifth Army of Group Gallwitz commanded by General Georg von der Marwitz.
In other words the US outnumbered the Germans 3 to 1 and the Germans hadn’t their best forces involved. Despite that the amount of casualties on both sides was the same.
Comment on SuperFrenchie.com:
To sum up : The US aid during WWI wasn’t even at the level “cavalry arrives to save platoon surrounded by Indians”. It was an asset yes, but its primarily importance was to show other powers in Europe that the US was a growing nation that broke its isolationism and sided with the two major empires of the time, Britain and France.
Why then transform this into a “savior myth” (as if WWII wasn’t enough) unless it has to do with a bad case of bad self-esteem ? The US intervention during WWI is glorious enough in itself without creating an alternate “reality”.
end of rant
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Casualties:
France: 1,397,800
US: 116,708
samedi 20 septembre 2008
Les Etats-Unis: plus grand état socialiste du monde ?
Les américains, toujours prompts à traiter de "socialistes" ou "communistes" (sans en comprendre la définition!)le 1er pékin qui pensent différemment,
une fois de +, aprés le sauvetage des compagnies aériennes aprés le 11 Sept, s'amusent à relire "le petit livre rouge"...
-------------------
La Réserve fédérale (Fed) accorde un crédit d'urgence de 85 milliards de dollars soit la somme que le groupe recherchait en vain auprès de partenaires privés. AIG (American International Group), premier assureur mondial, était au bord de la faillite.
Les Etats-Unis sont-ils en train de devenir le plus grand état socialiste du monde?
En effet cette aide de la Fed est en réalité une nouvelle nationalisation, deux semaines après les mises sous tutelle des deux géants du crédit immobilier Freddie Mae et Fanny Mac.
Le département du Trésor américain a apporté son soutien total à la décision, a affirmé la Fed. Ne pas intervenir aurait eu des conséquences « catastrophiques », selon une source officielle citée par le Wall Street Journal.
http://www.cfo-news.com/Les-Etats-Unis-sont-ils-le-plus-grand-etat-socialiste-du-monde-_a6647.html
http://www.usatoday.com/money/economy/2008-09-18-free-market-bailout_N.htm
une fois de +, aprés le sauvetage des compagnies aériennes aprés le 11 Sept, s'amusent à relire "le petit livre rouge"...
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La Réserve fédérale (Fed) accorde un crédit d'urgence de 85 milliards de dollars soit la somme que le groupe recherchait en vain auprès de partenaires privés. AIG (American International Group), premier assureur mondial, était au bord de la faillite.
Les Etats-Unis sont-ils en train de devenir le plus grand état socialiste du monde?
En effet cette aide de la Fed est en réalité une nouvelle nationalisation, deux semaines après les mises sous tutelle des deux géants du crédit immobilier Freddie Mae et Fanny Mac.
Le département du Trésor américain a apporté son soutien total à la décision, a affirmé la Fed. Ne pas intervenir aurait eu des conséquences « catastrophiques », selon une source officielle citée par le Wall Street Journal.
http://www.cfo-news.com/Les-Etats-Unis-sont-ils-le-plus-grand-etat-socialiste-du-monde-_a6647.html
http://www.usatoday.com/money/economy/2008-09-18-free-market-bailout_N.htm
lundi 8 septembre 2008
Les Etats-Unis nouveau paradis "low cost"
Vous êtes un industriel européen et vous voulez délocaliser votre production ? Oubliez l'Asie et l'Europe de l'Est. Allez plutôt aux Etats-Unis, où certains Etats vous feront un pont d'or, rapporte le Financial Times.
L'Alabama vient ainsi d'offrir 811 millions de dollars (505 millions d'euros) au sidérurgiste allemand ThyssenKrupp pour qu'il s'installe sur son territoire. Il était également disposé à prêter 900 millions de dollars à l'industriel à des conditions très préférentielles, mais ThyssenKrupp, qui ne voulait pas s'endetter, a décliné la proposition, précise le quotidien britannique. Quant au Tennessee, il a déboursé 577 millions de dollars (404 millions d'euros) pour convaincre un autre groupe allemand, le constructeur automobile Volkswagen, d'investir à Chattanooga. Un effort à la hauteur des retombées escomptées : les autorités locales ont calculé qu'elles récupéreraient dans l'opération 500 millions de dollars de revenus annuels, plus 1 milliard de dollars de recettes fiscales.
"Ces Etats sont prêts à financer de nouvelles routes, la formation de la main-d'œuvre et d'énormes allégements fiscaux ; aucune région du monde ne peut rivaliser avec de telles offres, compte tenu, en outre, de la productivité des travailleurs américains et de la faiblesse actuelle du dollar", explique le président d'un important groupe suisse. De fait, reconnaît un responsable de Volkswagen, la réglementation communautaire interdit pratiquement ce type de subventions au sein de l'Union européenne, ce qui donne aux Etats-Unis un net avantage compétitif.
Courrier Intl
L'Alabama vient ainsi d'offrir 811 millions de dollars (505 millions d'euros) au sidérurgiste allemand ThyssenKrupp pour qu'il s'installe sur son territoire. Il était également disposé à prêter 900 millions de dollars à l'industriel à des conditions très préférentielles, mais ThyssenKrupp, qui ne voulait pas s'endetter, a décliné la proposition, précise le quotidien britannique. Quant au Tennessee, il a déboursé 577 millions de dollars (404 millions d'euros) pour convaincre un autre groupe allemand, le constructeur automobile Volkswagen, d'investir à Chattanooga. Un effort à la hauteur des retombées escomptées : les autorités locales ont calculé qu'elles récupéreraient dans l'opération 500 millions de dollars de revenus annuels, plus 1 milliard de dollars de recettes fiscales.
"Ces Etats sont prêts à financer de nouvelles routes, la formation de la main-d'œuvre et d'énormes allégements fiscaux ; aucune région du monde ne peut rivaliser avec de telles offres, compte tenu, en outre, de la productivité des travailleurs américains et de la faiblesse actuelle du dollar", explique le président d'un important groupe suisse. De fait, reconnaît un responsable de Volkswagen, la réglementation communautaire interdit pratiquement ce type de subventions au sein de l'Union européenne, ce qui donne aux Etats-Unis un net avantage compétitif.
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